SPEcialistes de la Chaussée
en BEton et des Aménagements

Particularités des chaussées en béton de ciment


et des ouvrages linéaires à section constante

Particularites des joints de retrait

Réalisation de l’amorce de fissuration

Moulage des joints



Moulage : mise en forme du béton durant la période pendant laquelle il est plastique, c'est-à-dire de l’ordre d’une à deux heures après le malaxage avec l’eau (hors ajouts de retardateurs).
On peut distinguer deux types de moulage pour l’amorce du joint :

  • l’amorce est mise en forme simultanément à la mise en place du reste du revêtement, c'est-à-dire alors que le béton est soumis à la vibration ; cela ne concerne pour l’instant que le(s) joint(s) longitudinal(naux).
  • l’amorce est faite très peu de temps après la mise en place du revêtement ; le béton est « remanié » et le volume de l’amorce remplace un volume équivalent de béton qui est repoussé dans le béton frais voisin.
Dans le premier type de moulage, le béton des lèvres du joint a la même résistance que le reste de la surface de roulement ; on peut utiliser les joints longitudinaux moulés ainsi sous de forts trafics.
Dans le second type, outre certains risques de problèmes d’uni, le béton des lèvres du joint est moins résistant : le joint s’épaufre ; les joints réalisés ainsi, transversaux notamment sont à réserver aux faibles trafics. C’est une des raisons de l’utilisation du sciage pour réaliser l’amorce des joints transversaux de chaussées d’autoroute ou de pistes aéroportuaires.

Sciage des joints

Disque de sciage diamanté.
Figure 109- Disque de sciage diamanté.

Matériel

Scie à disque diamanté (Figure 109) utilisées pour scier les revêtements routiers courants et dont le disque est adapté au sciage du béton de ciment ou scies spécialement conçues pour la réalisation des joints de chaussées en béton.
Exceptionnellement, dans le cas d’ouvrages de faible section (bordure de trottoir, caniveau) des scies manuelles à disques diamantés peuvent être utilisées avec les protections de sécurité adaptées (Figure 110).

Disque diamanté

Les disques sont généralement segmentés et refroidis à l’eau ; la concrétion diamanté est adaptée au sciage de béton résistant mais jeune.
En effet le béton est scié seulement quelques heures après sa mise en place (voir plus loin). Lorsque le béton contient des granulats durs, il est nécessaire d’utiliser des disques relativement tendres afin de couper ces granulats dans une matrice cimentaire peu résistante. Si l’on utilise des disques moins tendres, on risque d’épaufrer le béton et de déchausser les granulats.
L’épaisseur des disques est généralement de 5 mm, parfois plus fins. Un montage de trois disques de diamètres différents, peut être utilisé pour réaliser simultanément l’amorce de fissuration et le logement du produit d’étanchéité.

Période d’intervention

Le moment où l’on va scier l’amorce de fissuration, dépend de nombreux facteurs liés à la vitesse d’hydratation du ciment, la température de mise en place du béton et celle des premières heures du durcissement.
Le scieur doit être présent sur le chantier suffisamment tôt pour pouvoir déterminer le moment de son intervention à l’aide de méthodes indirectes d’évaluation du durcissement du béton : gravure avec une pointe d’acier, son d’une pièce métallique, etc.
Le scieur doit disposer du matériel nécessaire pour scier les joints au même rythme que le béton a été mis en place (Figure 111, Figure 112 et Figure 113) ; il doit disposer aussi des informations pertinentes sur le déroulement de la journée de bétonnage pour adapter le sciage : changement de formules, arrêts de durée significative, etc.
Si le matériel est juste suffisant, il peut y avoir intérêt à scier un joint sur deux pour « contrôler » la fissuration précoce, puis revenir scier les joints intermédiaires une fois le béton de la journée précédente « contrôlé ».

Précautions à prendre

Il est prudent de disposer de disques de rechange sur le chantier, d’autant plus qu’ils sont tendres et/ou minces.
Il est aussi prudent de disposer d’au moins une machine de secours : le sciage ne peut en général pas attendre et un retard important entraîne une fissuration hors joints.
Enfin, il faut disposer d’eau en quantité suffisante pour refroidir les disques ; c’est toujours un point délicat car d’une part, les chantiers se trouvent souvent à l’écart, et d’autre part, la taille des véhicules pouvant circuler sur le béton jeune est très modeste.

Sciage de joint sur bordure de trottoir.
Figure 110- Sciage de joint sur bordure de trottoir.
Atelier de sciage
Figure 111- Atelier de sciage : scies monolames exécutant les joints transversaux et tonne à eau pour le refroidissement des disques.
Machine spécifique à quatre lames pour scier le joint transversal.
Figure 112- Machine spécifique à quatre lames pour scier le joint transversal.
Atelier de sciage
Figure 113- Atelier de sciage : scies monolames exécutant les joints transversaux et longitudinaux, en arrière plan la réserve d’eau pour le refroidissement des disques.

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